Lors de la mise en location d’un logement, la gestion des risques d’incendie repose sur un cadre juridique strict. En effet, depuis la loi Morange de 2010 et les ajustements apportés par la loi ALUR en 2014, l’installation d’au moins un Détecteur Autonome Avertisseur de Fumée (DAAF) est devenue une obligation légale pour tout logement d’habitation.
En tant que gestionnaire immobilier ou propriétaire bailleur, la remise des clés représente le moment critique. Ainsi, c’est lors de l’état des lieux d’entrée que la conformité du matériel doit être validée et formellement consignée. Une négligence sur ce point expose le bailleur à des litiges administratifs et, en cas de sinistre, à de lourdes responsabilités.
Voici l’analyse complète des démarches juridiques, techniques et pratiques à appliquer pour sécuriser vos biens et vos locataires.
1. Loi ALUR et DAAF : qui fait quoi entre propriétaire et locataire ?
La répartition des obligations entre le bailleur et le locataire est clairement fixée par le cadre réglementaire.
Obligation d’achat, d’installation et de renouvellement
Tout d’abord, c’est au propriétaire bailleur (ou à son gestionnaire immobilier) d’acheter et d’installer le tout premier DAAF dans le logement.
Cependant, si le matériel tombe en panne, présente un dysfonctionnement non lié à un mauvais usage, la charge financière de son remplacement incombe intégralement au propriétaire. De plus, le bailleur ne peut en aucun cas impacter cette dépense sur les charges locatives.
L’entretien courant et le remplacement des piles à la charge du locataire
Une fois le logement occupé, la responsabilité opérationnelle bascule vers l’occupant :
- Entretien courant : Dépoussiérage régulier de la grille d’aération de l’appareil.
- Remplacement des piles : Changement des batteries usagées dès l’émission du signal sonore d’alerte s’il s’agit d’un détecteur alimenté par des piles alcalines, s’il s’agit d’une batterie lithium scellée il faudra remplacer le détecteur (tous les dix ans).
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2. Comment réussir le contrôle du détecteur d’incendie lors de l’état des lieux d’entrée ?
Lors de la remise des clés, le gestionnaire doit réaliser un contrôle méthodique de l’équipement avant d’établir le procès-verbal (PV) d’entrée.
Emplacement conforme et normes de sécurité (NF292 et CE-EN 14604)
Le matériel présent dans le logement doit obligatoirement arborer la certification AFNOR NF292 ainsi que la norme CE-EN 14604, gage de fiabilité.
Par ailleurs, l’emplacement doit respecter des règles strictes de sécurité :
- Fixation prioritaire au plafond, idéalement au centre de la pièce et dans les dégagements et couloirs desservant les chambres.
- Concernant la pose murale : Elle est tolérée uniquement si le matériel bénéficie d’une double certification autorisant explicitement la fixation murale.
- Pour un logement à plusieurs niveaux, prévoyez au moins un détecteur par étage.
- Évitez la pose dans la cuisine ou la salle de bain pour limiter les déclenchements intempestifs liés aux vapeurs d’eau et fumées de cuisson.
Test sonore vs aérosol de simulation : la procédure à suivre à la remise des clés
Un simple contrôle visuel est insuffisant. C’est pourquoi, la vérification complète comprend deux étapes :
- Test sonore : Pressez le bouton d’essai devant le locataire pour valider le fonctionnement du buzzer et le niveau de la pile.
- Le test fonctionnel à l’aérosol de simulation : En effet, cet essai ne contrôle que le circuit électronique, pas la capacité de détection. En effet avec le temps, la chambre de détection peut s’obstruer à cause des poussières ou d’insectes. Par conséquent, seule l’utilisation d’un aérosol de simulation d’incendie garantit que la cellule optique réagit correctement aux particules de fumée.
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- Conformité totale : Norme CE-EN 14604 & Certification AFNOR NF292.
- Tranquillité 10 ans : Équipé d’une pile lithium scellée d’une durée de vie de 10 ans (pas de changement de pile à prévoir pour le locataire).
- Technologie capteur optique : Intègre un capteur optique avancé contre les feux couvants.
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3. Mention légale sur le PV d’entrée et durée de vie du détecteur
Pour éviter tout litige ultérieur avec le locataire ou les compagnies d’assurances, chaque vérification doit laisser une trace écrite formelle.
La mention obligatoire à inscrire sur le procès-verbal d’état des lieux
Consignez l’état de l’appareil directement sur l’acte d’entrée en utilisant des formules explicites :
« Dispositif d’alarme incendie (DAAF) conforme à la norme CE-EN 14604 et certification AFNOR NF292, contrôlé et testé fonctionnel (test sonore et simulation) lors de la remise des clés le [Date]. »
Faites parapher cette mention par le locataire pour attester que le test a été réalisé en sa présence.
Traçabilité, fiches techniques et information du locataire
Un détecteur de fumée a une durée de vie limitée (généralement entre 5 et 10 ans). Or, passé ce délai, la cellule optique s’altère et l’appareil perd en sensibilité, même si le signal sonore d’essai fonctionne encore.
C’est pourquoi, lors de la remise des clés, vous devez impérativement transmettre au locataire :
- Dates d’échéance : Inscrivez sur le PV ou une notice la date d’installation (ou de fabrication) ainsi que la date limite de renouvellement préconisée par le fabricant.
- Fiche technique du matériel : Un document expliquant le fonctionnement exact de l’appareil et la procédure de changement des piles.
- Consignes de sécurité : Une fiche d’instructions détaillant les gestes et comportements à adopter en cas de déclenchement des différentes alarmes (alarme incendie vs alerte de pile faible).
4. FAQ : Vos questions fréquentes sur le détecteur de fumée en location
Que faire si le détecteur de fumée est absent lors de l’état des lieux d’entrée ?
Si aucun détecteur n’est installé au moment de la remise des clés, le bailleur est en infraction conformément aux exigences de la loi ALUR n° 2014-366 du 24 mars 2014, l’installation d’un détecteur de fumée…. Par conséquent le gestionnaire doit immédiatement faire installer un boîtier conforme ou reporter la remise des clés afin de régulariser la situation et protéger la responsabilité du propriétaire.
Qui doit payer le remplacement du détecteur de fumée obsolète en fin de vie ?
Article R142-3 modifié par Décret n°225-518 du 11 juin 2025 – art. 1
La responsabilité de l’installation du détecteur de fumée incombe au propriétaire. Toutefois, la responsabilité de son entretien, ainsi que, si nécessaire, de son renouvellement incombe à l’occupant du logement. Néanmoins, si le logement est mis en location, le propriétaire s’assure du bon fonctionnement du détecteur lors de l’établissement de l’état des lieux mentionné à l’article 3-2 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n°86-1290 du 23 décembre 1986.
Quelle attestation remettre à l’assurance habitation pour le DAAF ?
L’occupant transmet à sa compagnie d’assurance une attestation sur l’honneur déclarant que le logement est bien équipé d’un DAAF fonctionnel, installé conformément aux exigences de la loi ALUR et de la loi Morange.
Checklist sécurité du gestionnaire :
le contrôle du DAAF à la remise des clés
- Vérifier la conformité du matériel (marquage CE EN 14604 et norme NF292).
- Tester le signal sonore d’essai devant le locataire afin de prouver son fonctionnement.
- Consigner le test sur le PV d’entrée pour valider le cadre légal de la loi ALUR.
- Inscrire la date de pose ainsi que la date limite de renouvellement de l’appareil.
- Sensibiliser le locataire au changement des piles et à l’attestation d’assurance.
- Remettre la fiche technique du matériel et les consignes en cas de déclenchement.
